Tozeur : les oasis de montagne en hors-piste (partie 1)

Impossible d’aller à Tozeur ou de faire un circuit dans le Sud tunisien sans passer par les oasis de montagne ! La visite des fameuses oasis de montagne fait partie intégrante de tous les circuits en 4×4 proposés à partir de Tozeur. 

Pourtant, elles font partie de ces lieux célèbres où presque personne n’était allé avant les années 1970.

Malgré sa récente explosion touristique, cette région n’en reste pas moins un petit trésor que je vous invite à visiter « en hors-piste ». Suivez le guide !

 

3 oasis, 3 villages

Les oasis de montagne sont en fait trois villages, adossés à la montagne avec leur palmeraie verdoyante.

Chacun est composé de deux parties :

  • l’une ancienne, ayant subi les ravages des fortes pluies et des inondations de 1969, aujourd’hui abandonnée ;
  • l’autre plus récente, installée en contrebas, où les habitants vivent essentiellement de l’exploitation agricole de l’oasis.

 

La source de Chebika

L’arrivée à Chebika est marquée par une imposante montagne qui s’entrouvre sur une gorge étroite et profonde d’où jaillit une source d’eau. Grâce aux systèmes d’irrigation, celle-ci nourrit les palmiers installés à l’ombre de la montagne.

Malheureusement, le pittoresque des lieux a diminué depuis que le circuit a été aménagé afin d’en faciliter l’accès. Il y a cependant d’autres voies pour rejoindre ces sommets d’où le panorama sur la gorge et le chaînon de montagnes est remarquable. Vous y revivrez alors quelques unes des extraordinaires scènes du film Le patient anglais, tourné en ces lieux en 1995.

Ce village d’origine romaine est depuis très longtemps un lieu stratégique des routes du Sud, et il fut de tout temps occupé.

Comme pour les autres oasis, le vieux village a été abandonné suite aux inondations ravageuses de 1969. Vous pouvez toutefois vous y promener. Du village, un magnifique panorama sur le Chott el Djerid s’offre à vous.

Le sociologue Jean Duvignaud y fit durant plus de six années de longs séjours d’étude avec des étudiants tunisiens afin d’analyser, sur le modèle de ce village berbère, les mutations économiques et sociales d’un village du Maghreb. Son livre (Chebika ; mutations dans un village du Maghreb, Paris Gallimard 1968), très intéressant pour qui s’intéresse à la région, aide à comprendre la complexité de la vie quotidienne de ces oasis reculées.

Chebika, oasis de montagne

La source de Chebika

 

Les cascades de Tamerza

Après une vertigineuse ascension offrant de splendides panoramas sur le Chott el Djerid et les majestueuses gorges de l’oued Khanga, vous atteignez la fameuse « grande » cascade de Tamerza, malheureusement envahie de boutiques et de touristes.

Il s’agit en fait d’une modeste chute d’eau de quelques mètres qui passerait inaperçue dans bien des régions mais ici, dans cet univers aride, elle relève du miracle.

L’eau se déverse ensuite dans un large canyon taillé dans des falaises de 150 m de haut, faites de blocs de calcaire soumis à l’érosion et où il est prudent de faire attention aux éboulements fréquents.

Une autre cascade, plus petite, est située au cœur de l’oasis, occasion d’une promenade pleine de charme et de fraîcheur.

Sur l’autre rive de l’oued El Horchane, le village fantôme étale ses constructions ruinées. Le lit de la rivière forme un large boulevard raboté et nu qui dit toute la violence des pluies de la région.

Le site appartenait, sous le nom d’Ad Turres, au Limes chargé de la défense des frontières de l’Empire romain avant de devenir le siège d’un évêché sous les Byzantins. On décèle encore ça et là, dans certaines maisons du village, des matériaux antiques.

De l’hôtel Tamerza Palace, vous aurez une vue plongeante sur le vieux village silencieux : maisons ocre abandonnées, d’où seuls se détachent un marabout et la mosquée aux murs blanchis. Le vieux village s’admire de loin, mais on peut aussi s’y perdre et y découvrir encore des traces de la vie quotidienne.

Tamerza, oasis de montagne

Le vieux village de Tamerza

 

Le canyon de Midès

La petite palmeraie dissimule le vieux village de Midès, abandonné lui aussi depuis les pluies torrentielles de 1969. Spectaculaire décor de far west à la tunisienne. Sa partie la plus ancienne était installée sur un promontoire rocheux protégé sur trois de ses côtés par des gorges profondes et spectaculaires, véritable canyon.

A l’instar des ses voisins, Midès connut sa première occupation à l’époque préhistorique, où les hommes vivaient alors dans les cavités rocheuses du canyon. Village fortifié à l’Antiquité, Midès fait aussi partie du Limes tripolitanus de l’Empire romain. C’est aujourd’hui le dernier village avant l’Algérie.

De ces trois oasis, c’est ma préférée. Que l’on soit au fond du canyon ou sur les hauteurs du village, tout est grandiose. Une harmonie parfaite avec la nature. Un décor rude comme a dû y être la vie pour établir un village sur un tel promontoire.

De ces trois oasis, c’est aussi la moins visitée. Plus éloignée, pas de cascade qui fait rêver ? Tant mieux…wink

Mides, oasis de montagne

Au fond du canyon de Mides

Comment visiter ces oasis de montagne en échappant aux hordes de touristes ? Rendez-vous la semaine prochaine avec l’article à suivre… Tozeur : les oasis de montagne en hors-piste (partie 2)

 

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